Définition de l’astreinte selon le code du travail français

Publié le : 01 juin 20217 mins de lecture

L’astreinte correspond à la période durant laquelle l’employé est sollicité pour réaliser certaines tâches sur son lieu de travail. Avec ou sans intervention, la durée maximale d’astreinte n’est pas précise. Le salarié n’est pas obligé de rester sur son lieu de travail durant l’astreinte selon l’article L3121-9 du Code du travail. Qu’est-ce que l’astreinte ? Comment s’applique-t-il ? Ce qu’en disent les lois sur le Code de Travail.

Comment définir l’astreinte ?

Un employé est d’astreinte quand il effectue une tâche urgente pour son entreprise sans y être présent physiquement. Si vous êtes par exemple un mécanicien d’un garage, vous devez être capable d’intervenir rapidement sur une panne quand vous êtes d’astreinte. L’article L3212-9 du code de travail définit l’astreinte comme le laps de temps durant lequel l’employée doit intervenir pour réaliser certaines tâches pour son entreprise. Avec les nouveaux moyens de communication, le salarié n’est pas contraint d’être présent sur son lieu de travail pour intervenir. Avec la nouvelle législation, le salarié n’est pas tenu d’être à la disposition de son patron, mais doit juste intervenir en cas d’urgence.

L’astreinte code du travail peut être effectuée dans un endroit autre que son lieu de travail, un lieu qui n’aurait pas choisi et peut-être éloigné de sa famille. Si l’employeur impose le lieu d’astreinte, le temps d’intervention entre dans le calcul des nombres d’heures de travail effectif.

L’astreinte peut être définie selon les accords conclus entre les délégués du personnel et le comité d’entreprise ou par convention collective. Si l’employé d’astreinte doit venir sur son lieu de travail, le trajet et la durée d’intervention seront comptabilisés comme temps de travail. S’il n’y a pas de convention, c’est à l’employeur de décider de l’organisation des astreintes. Il sera supervisé par le comité d’entreprise et l’inspection du travail selon l’article M3121-12 du code de travail. S’il y a une convention, les modalités d’organisation seront régies par l’article L3121-11 du Code du travail.

L’employeur a tout à fait le droit d’inclure l’astreinte dans le contrat de travail, mais cela reste une option facultative. Il n’a aucun cas le droit d’obliger le salarié à l’accepter sous prétexte que c’est mentionné dans le contrat de travail.

Le délai pour informer le salarié

L’article L3121-9 du Code du travail stipule que l’employeur est tenu d’informer le salarié d’astreinte dans un délai raisonnable. Le délai est défini par la convention qui mit en place l’astreinte. Si aucun délai n’a été conclu, le salarié doit être mis au courant au plus tard 15 jours avant l’astreinte ou 24 heures à l’avance à partir de minuit s’il s’agit d’une intervention d’urgence. Le salarié est en droit de refuser l’astreinte, sauf s’il a été établi lors d’un accord collectif. Sans un délai de prévenance, la demande est considérée comme nulle. L’employé ne sera pas tenu pour responsable en cas d’intervention urgente même si c’est vital pour l’entreprise.

La rémunération des heures d’astreintes

En contrepartie de l’astreinte, l’entreprise doit octroyer une rémunération ou une compensation. Cela peut être une somme d’argent ou un temps de repos. La nature de la compensation sera définie par la convention ou l’accord collectif qui a instauré l’astreinte selon l’article L3121-11 du Code du travail. La compensation de l’astreinte code du travail sera définie par l’employeur, sous la supervision de l’inspection de travail et après l’aval du comité de l’entreprise et du délégué du personnel. L’entreprise doit fournir un récapitulatif de toutes les heures d’astreint du mois avec les compensations afférentes, selon l’article R3121-2 du Code du travail.

Considérée comme étant un temps de travail effectif, la durée de l’intervention doit être rémunérée au même taux que les heures de travail normales ou majorées s’il s’agit d’une astreinte de nuit. Même si aucune intervention n’a été effectuée, la compensation doit être donnée. Cependant, ces heures n’entrent pas dans le temps de travail effectif. 

La période d’astreinte entre en compte le calcul du temps minimal de repos hebdomadaire et quotidien. Le salarié doit bénéficier de 35 heures consécutives de repos hebdomadaires et de 11 heures de repos quotidien.

Différences entre astreinte et garde

La garde et l’astreinte sont deux notions tout à fait différentes. Selon l’arrêt n° 09-70324 de la Cour de Cassation en droit de jurisprudence, la garde implique la présence obligatoire du salarié sur son lieu de travail pour rester à disposition de son employeur durant cette période. Ce sont des salariés du milieu hospitalier. La période de garde est alors qualifiée de temps de travail effectif. Ce qui implique que l’employeur doit lui verser le salaire correspondant à ce temps de travail. Par contre, l’astreinte n’exige pas la présence du salarié sur son lieu de travail du moment qu’il reste joignable et qu’il est en mesure d’intervenir rapidement. Les heures d’astreintes ne sont pas automatiquement comptabilisées dans le temps de travail effectif, sauf lors de la période d’intervention. La compensation peut prendre différentes formes : argent, repos ou avantages en nature selon les accords collectifs ou la convention d’entreprise.

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